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Sur un communiqué de M. Pomerol

jeudi 12 février 2009


COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE - 03.03.2009

Après avoir diffusé un tract gravement offensant pour l’ensemble des membres des conseils de l’UPMC et parfaitement mensonger puisque ce sont les élus de la majorité au CA qui ont toujours défendu les prérogatives du conseil scientifique et du CEVU contre les remises en causes de leurs décisions, un groupe d’enseignants-chercheurs et de chercheurs dont certains élus RU du CA, accompagnés de quelques étudiants, a empêché la tenue du conseil scientifique de l’UPMC du lundi 2 février 2009. Le mépris de la démocratie et le blocage des conseils n’apportent rien au mouvement national en cours et ne conduisent qu’au retard ou à l’annulation des procédures administratives nécessaires à la bonne marche de l’Université et au déroulement des carrières du personnel de l’UPMC.

Jean-Charles Pomerol

REPONSE AU COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE

« Dans les Etats despotiques la nature du gouvernement demande une obéissance extrême ; et la volonté du prince une fois connue, doit avoir aussi infailliblement son effet qu’une boule jetée contre une autre doit avoir le sien.

Il n’y a point de tempérament, de modifications, d’accommodements, de termes, d’équivalents, de pourparlers, de remontrances ; rien d’égal ou de meilleur, à proposer ; l’homme est une créature qui obéit à une créature qui veut. »

(Montesquieu, « De l’Esprit des Lois » )

Puisqu’il est question de la défense des prérogatives du CS et du CEVU, il est nécessaire d’exposer au public les conditions réelles de leur fonctionnement. L’essentiel des débats qui ont cours dans ces deux conseils se déroule dans le cadre de "points d’information" qui ne sont suivis d’aucun vote. La teneur des débats n’est jamais portée à la connaissance du CA qui est sommé de les "valider" bien avant la publication du Procès Verbal. La maîtrise de la présidence sur l’ordre du jour est totale, et le refus d’y porter les questions soumises par les élus systématique. Tout aussi méthodique est le refus de soumettre aux voix les amendements proposés, lesquels sont immanquablement balayés d’un revers de main sous des prétextes fallacieux ou pseudo-juridiques. Les élus sont donc sans cesse confrontés à l’alternative suivante : approuver tels quels tous les projets présentés, ou se voir reprocher sur un ton comminatoire d’entraver la progression de l’université dans sa marche triomphale vers l’avenir radieux de l’autonomie. La dissimulation d’informations est la règle, comme on l’a vu encore lors du dernier CEVU. Les membres du CS et du CEVU sont tenus à l’écart de l’élaboration de tous les projets les concernant, qu’il s’agisse, pour le premier, de l’élaboration de la politique scientifique, de la répartition des crédits, des demandes de postes ou, pour le second, de l’organisation de l’année universitaire, des règles d’évaluation des étudiants, des maquettes d’enseignement... Aucune information ne filtre sur les arbitrages effectués en amont, à l’issue de conciliabules tenus dans des instances aussi occultes qu’elles sont dénuées d’existence juridique. Ce système acquiert une dimension proprement surréaliste lorsque, sur la seule foi de présentations infantilisantes, les membres du CS ou du CEVU sont amenés à approuver aveuglément des documents qu’on n’a pas même jugé bon de leur communiquer. Le CA est alors prié d’approuver à son tour cette approbation, en toute ignorance de cause.

Ajoutons que le fonctionnement du CA ne diffère pas sensiblement de celui des autres conseils : informations tronquées ou inexistantes, absence complète de débats d’orientation (notamment budgétaire), substitution de documents après qu’ils ont été votés ( !), refus de tous amendements, refus des ajouts à l’ordre du jour etc.

Les élus RU assument pleinement le ton polémique du tract incriminé. Se camper dans le rôle de vierge effarouchée sied mal à un président qui ne s’est pas privé, avant même son élection, de répandre sur l’équipe concurrente les propos les plus insultants(*), contresignés par les administrateurs de sa liste de soutien, qui bafoue ouvertement la loi en proclamant que les directeurs d’UFR (élus, rappelons-le) ne sont que ses « préfets » ( et bientôt sans doute ses « contremaîtres » ), qui insulte ouvertement les chercheurs dans la presse quotidienne.(**)

(*) « C’est pourquoi il faut bien parler du déficit d’expérience, aussi bien en gestion qu’en recherche, des élus et des personnes pressenties pour exercer des responsabilités dans la liste « Réinventer l’Université ». Aucune n’a exercé des responsabilités importantes en gestion ou recherche, qui plus est, certaines ont abandonné, contrairement à ce qu’exigerait leur statut, toute activité de recherche, s’ils n’en ont [sic] jamais eu. C’est faire preuve d’un grande suffisance ou d’une forte désinvolture vis-à-vis de nos institutions et étudiants que de prétendre diriger sans aucune préparation, ni équipe crédible, la plus grande université de France »

(J.C. Pomerol 12 mars 2008, signé par M. RENARD, B. RIOU, V. CABUIL, B. GUIDET, B. CAPELLE, P. SAGAUT, P. JARRAUD)

(**) « C’est une frange très liée au mouvement des chercheurs et au CNRS. Ces gens sont opposés à toute idée d’évaluation, notamment celle de l’enseignement. Il y a une philosophie du chercheur qui consiste à dire : « Je fais ce que je veux, quand je veux et envoyez la monnaie ! »

(J.C. Pomerol, Le Figaro ¬6 février 2009)

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1 Message

  • Sur un communiqué de M. Pomerol

    25 février 2009 22:17, par Jean Liroquois

    Chers amis,

    soyez assurés que je ne doute pas de votre bonne foi. Cependant, à part dans de trop rares cas, nous devons croire sur parole tout ce que vous reprochez à J.C. Pomerol.

    Vous ne donnez pas d’exemples de faits vérifiables ni de références sur les documents cités.

    Je sais c’est comme ça que tout le monde fait, mais c’est une habitude qui ne permets de convaincre que les convaincus.

    Je me suis donc permis de mettre votre texte sur le wiki http://universite.info.free.fr/mediawiki/index.php/Réponse_du_Snesup_et_SNCS_au_communiqué_de_Jean-Charles_Pomerol_du_3_février_2009

    en y insérant sous forme de référence les demandes de précisions sur les faits reprochés, afin de justifier vos affirmations.

    Je ne doute pas que vous ayez ces informations, pourriez-vous donc les introduire dans votre texte sur votre site, il gagnerait assuremment en force de conviction.

    Très cordialement Jean Liroquois

    Voir en ligne : Demande de références

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