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LES COMPTES 2010 : une situation financière préoccupante

dimanche 15 mai 2011


Le compte de résultat et le bilan comptable de l’année 2010 ont été présentés au Conseil d’administration du 9 mai.

Même si la présentation s’améliore par rapport aux années précédentes, les comptes présentés suscitent de nombreuses interrogations et une certaine inquiétude.

L’université se décide enfin à respecter la réglementation relative aux bâtiments et à leur amortissement, ce qu’elle refusait obstinément de faire jusqu’ici sous toutes sortes de prétextes. Les bâtiments affectés figurent désormais au bilan et, surtout, le compte de résultat voit apparaître la dotation aux amortissements correspondante. On doit toutefois déplorer que l’amortissement par composantes, pourtant obligatoire, n’ait toujours pas été mis en place. Comme nous ne sommes pas propriétaires, l’amortissement des bâtiments a été neutralisé en faisant figurer parmi les produits exceptionnels un montant équivalent à la dotation. Ces écritures contribuent néanmoins à la sincérité des comptes et font malheureusement ressortir une situation financière qui n’est pas très saine : le résultat d’exploitation (hors charges et produits exceptionnels) fait apparaître une perte de 36,35 M€, ramenée à 15,34 M€ par le solde positif des opérations exceptionnelles, principalement dû à la neutralisation des amortissements immobiliers. On a ainsi un avant-goût de ce qui se produira si la dévolution des locaux se réalise : si nous étions propriétaires, l’amortissement ne serait plus neutralisé et la perte de l’exercice passerait alors de 15,34 M€ à 30,3 M€.

L’examen des trois derniers exercices (2008, 2009, 2010) ne peut que susciter de graves inquiétudes. Le résultat net conduit à une perte cumulée de 52,2 M€ (19,26 M€ en 2008, 17,59 M€ en 2009, 15,35 M€ en 2010). Au cours de ces trois exercices, une capacité d’autofinancement constamment négative (-3,15 M€ en 2008, -7,84 M€ en 2009,- 6,24 M€ en 2010), conjuguée aux prélèvements effectués sur les réserves pour financer les investissements (dont ODISEE…) a fortement entamé le fonds de roulement qui est passé de 41,9 M€ à 20,6 M€ (il était encore de 62,3 M€ en 2007). La trésorerie a fondu régulièrement : 56,36 M€ en 2008, 41,9 M€ en 2009, 22,38 M€ en 2010. Ce dernier point est particulièrement préoccupant. Dans son rapport de mars 2008 sur « La situation de l’université Paris VI au regard de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités », l’IGAENR indiquait, en vue du passage aux RCE :

« Le niveau de trésorerie dont dispose l’université lui permettrait de fait d’assurer deux mois et demi de paie du personnel après transfert, ce qui la placerait à l’abri des aléas d’un éventuel versement tardif ou irrégulier de la subvention de fonctionnement. »

Le contexte ainsi décrit était celui de l’exercice 2007 (masse salariale mensuelle 24 M€, trésorerie 56 M€). La situation s’est depuis considérablement détériorée, puisqu’avec la trésorerie dont nous disposons aujourd’hui nous ne sommes pas même en mesure d’assurer un seul mois de paie du personnel (masse salariale mensuelle 27,7 M€, trésorerie 22,4 M€). Il est manifeste que nous ne pourrons pas continuer longtemps dans cette direction.

Le rapport de l’IGAENR ajoutait d’ailleurs prudemment :

« L’aisance financière dont bénéficie aujourd’hui l’UPMC devrait néanmoins être nuancée compte tenu du caractère partiel de l’actif du bilan actuel. »

Si depuis 2007 l’actif du bilan a été nettoyé et complété, l’aggiornamento est encore loin d’être terminé. Tant que l’on se refusera à réaliser l’inventaire (pourtant imposé par la réglementation), il sera impossible d’avoir un état précis des actifs immobilisés, et par conséquent des amortissements nécessaires, dont nous avons déjà souligné qu’ils sont sous-évalués.

La présentation souligne la forte augmentation des charges de fonctionnement du restaurant administratif. Il faut néanmoins relativiser son effet sur le résultat d’exploitation puisque cette augmentation correspond à la prise en charge du personnel du restaurant par le CROUS, et est donc compensée par une diminution correspondante des charges salariales encourues, l’université ayant cessé de rémunérer ces agents. En revanche, il est des augmentations de charges bien moins justifiables. Les frais de réception passent ainsi de 959 670 € en 2008 à 1 422 106 € en 2010, une augmentation de 48% en deux ans. Que penser des frais de mission liés aux « relations internationales » en augmentation de 37% sur deux ans (325 000 €) ? Ou des dépenses de « communication » qui ont plus que doublé en trois ans passant de 578 000 € en 2007 à 1 318 000 € en 2010 ? Ou encore des « études et recherches » multipliées par quatre sur la même période (de 580 192 € en 2007 à 2 399 368 € en 2010) ?

Conclusion :

La situation financière de l’université se dégrade dramatiquement. Nous subissons les conséquences de la précipitation avec laquelle l’université est passée aux RCE, dans un état d’impréparation criant. Le poids des charges nouvelles imposées par les RCE, l’insuffisance du système d’information et des procédures de contrôle et une appréciation erronée de la santé financière de l’établissement nous ont conduits rapidement dans une situation qui pourrait se révéler dangereuse.

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